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Les usages du numérique dans les ménages polynésiens

Dans le cadre de la mise en œuvre d’un outil de gouvernance en matière d’intégration et de développement des TIC, dont l’objectif final est de permettre au gouvernement polynésien de mesurer et comparer le niveau d’activités des usages du numérique en Polynésie française entre l’année 2009, 2010 et 2013 une étude sur les usages du numérique dans les ménages polynésiens, a été commanditée par la Direction générale de l’économie numérique – DGEN au 2nd semestre 2013.

En effet, elle offre la possibilité d’analyser les effets et l’efficacité de la politique publique en faveur du développement de l’économie numérique. Celle-ci doit permettre un suivi des indicateurs TIC dans l’activité des ménages polynésiens.

A l’image des études précédentes, ce travail de collecte de données permet d’avoir une vision sur l’ensemble des Archipels de la Polynésie française.

Les principaux objectifs de cette étude sont de :
– Mesurer les équipements des ménages et les usages numériques des individus,
– Identifier les principaux écarts géographiques, générationnels et sociaux
– Mesurer les évolutions (2013 vs 2010) et comparer les résultats avec ceux d’autres observatoires régionaux.

L’échantillon est composé de 589 ménages, répartis à 57% aux IDV, 18% aux ISLV et 25% dans les autres archipels (Marquises, Tuamotu-Gambier et Australes).
La méthode des quotas, par sexe, âge, CSP et zone de résidence a été retenue, sur la base du recensement de la population en 2012.

Les principaux résultats de cette étude permettent d’appréhender les points suivants :

Equipement des ménages polynésiens
– 98% des foyers des IDV sont équipés d’au moins un téléphone portable. 82% des adolescents de 15 ans et plus ont leur propre téléphone.
– Le taux d’équipement des foyers des IDV en ordinateur est de 83% (fixes et portables confondus) avec une prédominance pour l’ordinateur portable (64% des foyers des IDV contre 42% d’ordinateurs fixes).
– Au IDV, près d’un ménage sur deux dispose d’une tablette et 50% de ces tablettes ont moins de 2 ans.

Au final ce sont 86% des ménages des IDV qui disposent soit d’un ordinateur, soit d’une tablette. Ces premiers résultats démontrent que les Polynésiens vivent aujourd’hui dans le monde numérique. Leur consommation en équipement suit la tendance mondiale où la mobilité prédomine. Ceci affecte directement les modes de réception de données et de ce fait le besoin de développer simultanément des réseaux à la fois optique et hertzien.

Les opérateurs de télécommunications devront consentir au développement du très haut débit, quelque soit sa forme FTTH ou LTE (4G). Développer le très haut débit numérique pour tous, c’est introduire des incitations à faire plus et à mieux faire.

La problématique du coût des abonnements et du matériel nous invite à penser une politique volontariste afin de favoriser l’équipement des foyers les plus modestes et de ce fait éviter le développement de la fracture numérique.

Comportement et usages des Polynésiens
– 91% des personnes interrogées aux IDV déclarent posséder un téléphone portable : pour 31%, il s’agit d’un smartphone.

Statistiquement, les plus équipés de smartphones sont les jeunes de 15-24 ans et les CSP moyennes ou CSP+.

– 82% des personnes interrogées aux ID V utilisent un ordinateur : elles en sont, en grande majorité, équipées dans leur foyer. Le taux d’équipement en smartphone conforte notre première analyse concernant la mobilité numérique des Polynésiens. Les difficultés rencontrées par les personnes âgées dans l’utilisation de ces nouveaux équipements nous invitent à prévoir des outils de formation pour ce type de public.

– L’usage de l’Internet est devenu de plus en plus quotidien, 82% des internautes se connectent au moins une fois par jour et ce quel que soit leur âge. Le Polynésien est un internaute affirmé. Il est un grand consommateur de données et les nouveaux usages de type « streaming » conduisent tout naturellement les pouvoirs publics à envisager la mise en place de réseaux de plus en plus puissants. L’intérêt des Polynésiens pour les contenus Internet laisse également penser qu’il faut désormais promouvoir la création de services en ligne locaux et de contenus, tant pour une consommation sur une boucle locale « débridée » que pour le rayonnement de la Polynésie française dans le monde. Il faut combattre cette mentalité qui tend à considérer la suprématie des infrastructures au détriment des services et des contenus.

–       26% des habitants des IDV déclarent avoir commandé un produit sur Internet au cours des 12 derniers mois, soit 36% des internautes. Le montant moyen annuel des achats faits sur Internet est de 49 407 XPF. – Les ¾ des internautes des IDV déclarent avoir un compte sur le réseau social Facebook, soit 53% de la population des IDV, ce qui correspond à 81 640 comptes aux IDV. Les grandes tendances mondiales du développement du e-commerce se confirment en Polynésie française. De nouvelles opportunités en matière de commerce électronique s’offre aux entreprises locales. Ces activités peuvent être développées simultanément pour le marché local et l’exportation. L’économie numérique peut être l’un des outils participatif à la pleine et entière relance économique du Pays. Cette étude démontre également que l’utilisation des réseaux sociaux est extrêmement développée en Polynésie française. La puissance publique se doit d’accompagner ces nouveaux usages, notamment chez les jeunes et les séniors, par des opérations de sensibilisation et de formation. Ne nous abandonnons pas en dissimulation, les réseaux sociaux sont bels et bien devenus les outils de communications d’une partie importante de nos concitoyens.

–       L’Internet mobile se développe progressivement : 21% des internautes des IDV déclarent avoir accès à Internet en situation de mobilité; ce qui représenterait 31 926 personnes.

–       Les smartphones sont les terminaux mobiles les plus couramment utilisés pour accéder au Web mobile (80% des internautes mobiles), suivis des ordinateurs portables (15%) et des tablettes (11%).

Le Polynésien est de plus en plus mobile. Les usages sont en corrélation directe avec l’équipement des internautes. Ainsi, développer les réseaux mobiles et les contenus liés à cette mobilité deviennent impératifs. Ces nouveaux usages invitent la puissance publique à initier une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre permettant de mettre en place les compétences pour que de jeunes Polynésiens puissent produire contenus et applications. L’économie numérique à un rôle essentiel dans la mise en œuvre d’actions qui doivent conduire notre Pays à retrouver confiance dans son avenir.

En résumé, cette étude nous amène à privilégier quatre axes de développement :
–            assurer le très haut débit fixe et mobile pour tous ;
–            favoriser le développement de nouveaux contenus et services ;
–            accompagner l’utilisation des réseaux sociaux ;
–            soutenir l’équipement et la connexion des foyers les plus modestes.

 

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GOUVERNEMENT DE POLYNESIE - 2014